Alzo Zero 2007

 

« MISSION ACCOMPLIE: NOUS AVONS LE PÉTROLE ! »


par Xavière Jardez

Voilà ce que pourront se dire bientôt Bush, Dick Cheney et consorts lorsque le Parlement irakien aura débattu de la nouvelle loi sur le pétrole, dictée par les Etats –Unis, rédigée en anglais, en toute discrétion, approuvée dernièrement par la seule faction chiite du gouvernement de Nouri al Maliki,- les autres composantes ayant tout simplement boycotté la séance, comme le Front Irakien de la Concorde - qui conduit à la « privatisation » du pétrole irakien, ou tout bonnement au pillage des richesses de ce pays par les compagnies pétrolières US par l’intermédiaire des PAS (accords de partage de production).

C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il faut comprendre l’envoi de troupes supplémentaires en Irak exigé par Bush - et l’installation de bases US permanentes- car il se soucie peu de liberté ou de démocratie en Irak ou encore des morts américains – plus de 3500 - ou irakiens : 700 000. Ce qu’il recherche, c’est un gouvernement « stable » capable de « pacifier le pays » pour permettre aux Majors (Exxon, Chevron, Fluor, Halliburton…) de mettre la main sur les champs pétrolifères non encore exploités. Si demain « Al Qaeda en Irak » promettait de leur ouvrir les portes du pays, de « terroristes », ils se transformeraient en « modérés » comme Maliki et son parti al Dawa le furent, il y a peu (1).

Le pétrole, le grand muet
Dans la course à l’invasion de l’Irak en 2002-2003, le pétrole comme cause n’était pas évoqué, ni par les auteurs, ni par les médias, sauf par les opposants lucides à la guerre à venir. Or, Dick Cheney, directeur exécutif d’Halliburton en 1999, constatait qu’« en 2010, nous aurons besoin de 50 millions de barils de plus par jour. Le Moyen-Orient, avec 2/3 du pétrole et le coût le plus bas, c’est là que se trouve le butin ». Paul Wolfowitz, quant à lui, décrivait l’Irak comme un pays flottant « sur une mer de pétrole » qui pourrait financer la guerre américaine et la reconstruction. On sait d’autre part que les premières troupes US à Bagdad eurent pour objectif de protéger le ministère du Pétrole et non le Musée National. Tout comme, dans la même veine, Bremer, le « MacArthur de Bagdad » maintint la loi du précédent régime interdisant la grève aux ouvriers du pétrole !

Mais, il serait erroné de dater de l’ère Bush seule cette faim de pétrole. Déjà en 1980, Jimmy Carter déclarait que le pétrole du Golfe Persique était vital pour les intérêts US. Il mit ainsi sur pied une nouvelle structure de commandement militaire (Rapid Deployment Joint Task Force) qui deviendra le Centcom, (United States Central Command) capable de fournir aux présidents US successifs la capacité d’intervenir rapidement et massivement dans la région.

En 2001, l’Energy Task Force que dirigeait Dick Cheney s’abstint de favoriser les sources alternatives d’énergie lui préférant, pour faire face à une crise énergétique, le Moyen-Orient comme « première cible de la politique énergétique des Etats-Unis », demandant au gouvernement Bush de convaincre les pays du Moyen-Orient d’ « ouvrir certains secteurs de leur production énergétique à des investissements étrangers » , en d’autres termes de renverser 25 ans de contrôle étatique sur l’industrie pétrolière. Cette organisation entreprit d’étudier les cartes des champs pétrolifères de l’Irak avec des compagnies pétrolières non-américaines chargées de les exploiter une fois l’embargo levé. « Elle travailla conjointement avec l’aile de la sécurité nationale du gouvernement pour établir un ensemble compatible de politiques militaire et économique qui injecterait, à cette équation, une force américaine. Selon Jane Mayer, du New Yorker, le Conseil National pour la Sécurité incitait son personnel à « coopérer pleinement avec la Energy Task Force… pour la « fusion » des ces deux courants apparemment éloignés : « réviser les politiques opérationnelles envers les « Etats voyous » comme l’Irak et « les actions concernant la capture des champs de pétrole et de gaz existants ou nouveaux » (2)

Genèse du Projet pour le Futur de l’Irak
Cette Task Force donna naissance, dès 2002, au Projet pour le Futur de l’Irak à l’initiative du Département d’Etat et des 17 groupes de travail à Washington et Londres composés d’exilés irakiens et d’experts internationaux choisis par les Etats-Unis dont Vogler d’Exxon, le directeur exécutif de Shell et Fluor, Philipp Carroll, qui devint, après la guerre, chef du « comité consultatif » pour l’industrie pétrole en Irak (4). L’autre protagoniste dans la préparation de cette législation spoliatrice se nomme BearingPoint (anciennement KPMG) chargée de vérifier en Irak tous les textes et institutions encadrant le commerce, les investissements, de conseiller les ministères et la banque centrale. Quand on sait que BearingPoint a obtenu grâce à l’USAID (Agence US pour le Développement International) - elle aussi partie prenante au Projet -, des contrats en Irak d’une valeur de 240 millions de dollars, on comprend mieux que cette société ait pu arroser les campagnes de Bush pour les élections de 2000 et 2004 à hauteur de 117 000 dollars et 120 000 dollars pour les dernières élections au Congrès et payer un million de dollars aux lobbyistes de Capitol Hill en 2005.

Mais, le peu d’empressement manifesté par les grandes compagnies pétrolières pour investir en Irak poussa l’administration Bush à faire intervenir la communauté internationale via le Fonds Monétaire International pour faire pression sur l’Irak pour l’adoption de cette loi qui livrait les revenus du pétrole aux géants US. Le but était de requalifier l’énorme dette que le régime de Saddam Hussein avait accumulée pour les guerres Iran-Irak et celle de 1991 en dette « odieuse », terme technique de droit international désignant la dette contractée par certains dirigeants autoritaires à des fins personnelles. C’est ce que prétendirent les Etats-Unis pour les 40 milliards de $ de dette auprès de 19 pays industrialisés connus sous le nom de «Club de Paris ». Au lieu d’annuler purement et simplement la dette, James Baker négocia avec le Club de Paris une annulation conditionnelle : 12 milliards de $ disparurent des livres, laissant 28 milliards de $ dont l’abrogation était conditionnée à la signature par le gouvernement irakien d’un « Programme de base du Fonds Monétaire International » pour 12 milliards de $ et à la réalisation de ce programme dans une période de trois ans pour 8 milliard de $, laissant toujours à la charge du Club 8 milliards de $.

Le Programme du Fonds Monétaire International formulait sa politique pétrolière selon les concepts US concernant le pétrole irakien, de la mise en place des PAS à l’ouverture totale de l’économie irakienne aux multinationales. En contrepartie, la mesure garantissant aux familles irakiennes des prix subventionnés pour le combustible et certains produits de base, dans un pays où la guerre a entraîné un chômage variant de 30 à 70%, des salaires d’à peine 100 $ par mois et une inflation galopante, devait être abandonnée. Zaid al Ali, avocat international, décrit cet accord comme « l’illustration parfaite de la manière dont le monde industrialisé instrumentalise la dette pour obliger les pays en voie de développement à abdiquer leur souveraineté sur leur économie » qui, pour l’Irak, perdurerait bien au-delà du retrait des troupes US. (2)

Même l’Iraqi Study Group de James Baker, fin 2006, a proposé à Bush entre autres solutions pour sortir du bourbier irakien, de faire voter au « Parlement » irakien une loi sur les hydrocarbones qui placerait les réserves en pétrole, et les revenus en découlant, entre les mains des principales compagnies pétrolières.

Si elle est moins bien connue, la stratégie pétrolière du gouvernement de Blair s’est caractérisée par la même obsession : s’approprier le pétrole de la région du Golfe comme rappelé dans la Strategic Defence Review : « Hors de l’Europe, nos intérêts seront vraisemblablement affectés par les événements dans la région du Golfe et de la Méditerranée.… L’approvisionnement en pétrole du Golfe est crucial pour l’économie mondiale ». La convergence des buts entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis donna naissance au US-UK Energy Dialogue en 2002 pour « encourager la coordination et la coopération en matière énergétique » et donc s’assurer le contrôle de l’approvisionnement en y impliquant directement leurs compagnies pétrolières. En mai 2003, peu après le triomphal « la guerre est finie» de Bush, la Grande-Bretagne a parrainé avec les Etats-Unis une résolution du conseil de sécurité n° 1483 qui leur donnait total contrôle sur le pétrole irakien, prétendument pour continuer de payer les compensations dues au Koweit.

Le butin convoité
Avec 60% des réserves pétrolières du monde, le Moyen Orient ne peut être qu’un enjeu de taille pour les Américains ou tous ceux qui cherchent à dominer le monde ou à l’influencer de manière irrémédiable. L’Irak, à lui seul, se place au troisième rang pour l’étendue de ses réserves connues après l’Arabie Saoudite et l’Iran, à savoir 115 milliards de barils, soit 10% du total mondial. Les deux tiers de ces réserves sont concentrés dans le sud, notamment autour de Basra, et le tiers restant dans le Kurdistan, au nord de l’Irak. En termes de production énergétique, 10% seulement sont exploités car l’objectif sous le régime de Saddam Hussein était une production de 3,5 millions de barils par jour.

L’Irak dispose aussi d’un potentiel pétrolier non exploré le plus vaste, d’un volume de 100 à 200 milliards de barils principalement dans le désert occidental. Pour certains experts, ce chiffre pourrait même dépasser les 400 milliards de barils. Si tel était le cas, le pactole pétrolier irakien serait le premier au monde. Le pétrole irakien a, de plus, de hautes propriétés chimiques car il est de bonne qualité et facile d’accès ce qui en réduit les coûts d’exploitation.

Avec un prix de baril de pétrole brut à 64 $ ou plus, un coût de production à 1,50$ ou même 1$ par baril, semblable aux coûts de production en Arabie Saoudite, les profits éventuels seront gargantuesques. La question est de savoir qui va les empocher ? L’Irak ou les géants du pétrole ?

Analyse de la loi sur le pétrole
A la surprise générale, la privatisation de l’économie irakienne par Bremer en 2003 et 2004 n’incluait pas le secteur pétrolier dont l’avenir devait dépendre de l’élection d’un gouvernement. Le CPA (Autorité Provisoire de Coalition) n’accorda que des contrats de maintenance ou de réparation pour remettre sur pied l’infrastructure pétrolière dont profitèrent abondamment les compagnies US Halliburton – 27 milliards de $ de contrats exclusifs - et Parsons sans qu’elles y mettent le cœur préférant plutôt attendre la suite des événements, à savoir la « privatisation du pétrole ». L’analyse de la loi montre qu’il ne s’agit pas d’une privatisation au sens strict du mot, à savoir le transfert juridique de la propriété des réserves pétrolières de l’Irak à des organisations privées, mais plutôt la « privatisation des revenus ». Les réserves demeurent légalement selon la nouvelle Constitution la propriété de l’Etat irakien jusqu’à l’extraction du pétrole. La question est de savoir ici, qui reçoit les revenus du pétrole et qui contrôle ce qu’il devient.

Rappelons qu’en 1925, le roi Faysal installé par les Britanniques avait accordé à l’IPC (Iraq Petroleum Company), consortium composé de compagnies pétrolières britanniques, françaises et plus tard, américaines, une concession sur le modèle des colonies britanniques pour 75 ans sans possibilité d’amendement des termes. Privé des revenus dont il avait légalement le droit -20% jamais accordés- l’Irak lança une campagne de nationalisation à l’instar des autres pays producteurs, en deux temps 1961 et 1972.

Une nouvelle mouture de rapine
Cependant, au cours des années 1960, une nouvelle forme de contrat fut conçue et appliquée, notamment en Indonésie : les PSA, accords de partage de production. A l’inverse de la concession où les compagnies possèdent des droits sur le pétrole dans le sol, et paient des compensations sous forme de royalties et taxes à l’Etat concessionnaire, le PSA conserve à l’Etat la propriété du pétrole tandis que les compagnies obtiennent des compensations pour leurs investissements dans l’infrastructure pétrolière et les risques qu’elles encourent. Les PSA ont donc un avantage politique clair selon Thomas Wade, expert en droit pétrolier à l’Université de Dundee : « … le gouvernement apparaît comme le maître du jeu – et la compagnie peut tirer les ficelles, camouflée derrière le titre légal qui symbolise l’affirmation de la souveraineté nationale ». Ces mécanismes juridiques sont couramment en vigueur dans des pays (12%) où les réserves pétrolières sont faibles ou les coûts d’extraction élevés (offshore, Amazone) ou les risques techniques ou d’exploration, importants. Ce qui n’est nullement le cas de l’Irak comme on l’a vu plus haut.

Les PSA tels propulsés dans la loi - sous la pression conjointe US et UK- représentent le viol et le pillage institutionnalisés des richesses de l’Irak puisqu’ils prévoient que les compagnies auront droit à 70% des profits jusqu’à l’amortissement de leurs dépenses de développement (rappelons-le faibles en Irak) et 20% par la suite et ce, pour une durée de 30 à 75 ans. Or, les PSA de plus de 30 ans sont inhabituels sauf en Amazone. Ils signifient de plus, pour le peuple irakien, la perte du contrôle de son industrie pétrolière au profit des grandes compagnies. Selon des projections effectuées par globalpolicy.org : « si on prend pour prix du baril de pétrole 40$, le recours aux PSA pour l’Irak entraînerait une perte de 74 milliards à 194 milliards $, si on le compare à une exploitation publique. Cette perte énorme est l’équivalent de 2800 $ à 7400$ par adulte irakien sur une période de 30 ans, durée du PSA, comparée au PNB actuel de 2100$ par tête ». Avec un prix à 50$ par baril, les pertes pour l’Irak seraient de 94 à 250 milliards de dollars.

En revanche, les taux de profits des compagnie pétrolières sont renversants : selon la taille des champs qui leur seront alloués, ils pourront s’élever de 42% à 62% pour un petit champ (le plus petit en Irak ayant un million de barils), de 98% à 162% pour un grand. Ce que l’Irak perdra sera empoché par les Majors pétroliers (Exxon, BP, Chevron, Shell, ConocoPhilipps).

Quatre autres caractéristiques des PSA priveront les Irakiens de toute souveraineté et contrôle démocratique sur leurs richesses :
- les conditions des PSA sont inchangées pour une durée de 25 à 40ans : une fois signé, le contrat ne peut être modifié et les termes dépendront de la position de force ou de faiblesse de l’Irak à la signature. Or, vu la situation politique en Irak, les compagnies joueront très certainement l’aspect sécuritaire et politique pour obtenir les gains les plus hauts.
- ils privent les gouvernements de tout contrôle sur le développement de leur industrie pétrolière : l’Irak ne sera donc pas en mesure d’évaluer le taux de production des compagnies et donc le taux de raréfaction de ses réserves. L’Irak aura ainsi des difficultés à satisfaire ses obligations de quotas vis à vis de l’OPEP, mettant ainsi l’efficacité de cette dernière en danger, à moins de réduire la production des champs laissés à la Compagnie Pétrolière Irakienne !
- 60% à 80% du secteur pétrolier couvert par les PSA sont couverts par les « clauses de stabilisation » à l’abri, ainsi, de toute nouvelle législation irakienne, que ce soit en matière de taxes, de droit du travail, d’environnement ou autres. N’oublions pas que les gains des compagnies sont garantis puisqu’ils peuvent être entièrement rapatriés dans leur pays d’origine!
- tout différend entre l’Irak et les compagnies sera tranché non pas une Cour nationale mais par l’arbitrage, méthode qui ne soucie guère de l’intérêt public des Irakiens.

Les PSA – qui ne sont pas des documents publics !- étant des textes excessivement complexes techniquement, ce qui avantage les compagnies pétrolières, il faudrait aussi se pencher sur la « Commission Fédérale pour le gaz et le pétrole », notamment sa composition partagée entre gouvernements central et régionaux, franchissant un pas de plus vers l’affaiblissement du gouvernement central ,-voire la division de l’Irak- le partage des ressources entre les Irakiens, le rôle des régions, notamment kurde et les privilèges qui lui sont accordés, la Compagnie Pétrolière Irakienne reléguée à ne gérer que certains puits en production, etc... Mais, il est plus intéressant de se tourner vers la résistance qui commence à s’organiser contre cette loi, élaborée loin des regards indiscrets, même de ceux des parlementaires irakiens, que les journalistes irakiens ont traité comme information de routine.

La résistance
76% des Irakiens estiment que la raison principale de l’invasion de leur pays par les troupes US était la volonté de Bush et de ses alliés britannique et australien de « prendre le contrôle du pétrole ». Le Parlement est la première ligne de défense puisque le texte aurait dû être adopté depuis mars, impératif posé par les Républicains et les Démocrates pour juger de la viabilité du gouvernement al-Maliki. Le ministère du Pétrole, réduit dans la loi à la portion congrue, s’insurge et comme le note un analyste pétrolier, Rafiq Latta, « Toute la culture du ministère s’oppose à (cette loi) ….Ces gens ont géré l’industrie pendant toutes ces années de sanctions. C’était un travail impressionnant et ils étaient fiers de « leur pétrole ».

Mais l’opposition la plus formidable vient de la Fédération des Syndicats du Pétrole forte de 26 000 membres et de ses alliés dans les autres unions. Ils ont fait capoter des contrats instituant un contrôle de multinationales sur certaines installations. Ils ont lancé une vigoureuse campagne dès juin 2005 contre le projet de privatisation US. En janvier 2006, ils ont convoqué une convention réunissant tous les principaux syndicats irakiens à Amman et publié un manifeste où ils dénonçaient l’ensemble du programme néo-libéral US pour l’Irak. En décembre 2006, ils ont affirmé s’opposer à la loi même si elle était adoptée.

La Résistance armée est elle aussi contre cette loi et le Vice Président Adel Abdul Mahdi, partisan de la loi, fut victime d’un attentat, le jour où le projet de loi fut rendu public. Une autre organisation de la Résistance, les Brigades de la Révolution de 1920, (en référence au combat mené contre l’occupant anglais) est prête à frapper tout membre du gouvernement « fantoche » irakien qui voterait la loi. Elles considèrent que la hâte avec laquelle les Etats-Unis ont poussé à l’adoption de ce texte prouve qu’ils sont conscients que leur occupation est de plus en plus hasardeuse. Les Sadristes ne sont pas en reste « nous voulons le développement de notre pétrole, pas qu’il soit volé. Si une mauvaise loi était passée, le peuple irakien y résisterait ». Les Sadristes craignent d’ailleurs que la loi ne fasse voler en éclats l’ « unité de l’Irak ». L’Association des Oulémas Irakiens a émis une « fatwa » (opinion religieuse) interdisant aux députés de voter en faveur du projet de loi sur le pétrole dans son état actuel. Ce qui ne peut qu’alimenter l’opposition des sunnites fondamentalistes.

Pour Bush, ce texte devait consacrer la « réconciliation nationale » entre Sunnites, Chiites et Kurdes - et la crédibilité du gouvernement Maliki auprès des Etats-Unis - puisque « un accord décisif » avait été atteint sur la répartition des revenus du pétrole en proportion de la population de régions et des provinces. En réalité, la loi ne reflète en rien ce compromis mais laisse à des textes législatifs ultérieurs et séparés, le soin de répartir les revenus pétroliers… dans le cadre des PSA. Or, dès la nationalisation du pétrole, les Irakiens n’eurent nul besoin de textes législatifs pour tirer partie de la de la manne pétrolière à des fins de développement puisque le pétrole était leur sans discrimination ethnico-religieuse. Il est d’ailleurs faux de prétendre que l’Irak a besoin d’investissements étrangers pour moderniser son industrie pétrolière. D’autres options financières et juridiques existent sans recourir aux PSA, comme le montrent les cas de l’Algérie ou de l’Iran avec leurs contrats de Risk Service Contract et Buyback Contract.

Il s’agit, en fait, pour les Etats-Unis de mettre la main militairement et économiquement sur l’Irak. Dans cette perspective, la construction à Bagdad de la plus grande ambassade des Etats-Unis du monde se comprend mieux… ou encore qu’Halliburton a transféré son siège social du Texas à Dubai !!!

Sources :
New Oil Law Means Victory in Iraq for Bush, par Chris Floyd
www.truthout.org/docs_2006/010807A.shtml,
Powers on George Tenet, the CIA, and the Invasion of Iraq
www.tomdispatch.com/index.mhtml?pide=192709
Crude Designs: The Rip-Off of Iraq’s Oil Wealth, par Greg Muttitt
www.globalpolicy.org/security/oil/2005/crudedesigns.htm -
The US Takeover of Iraqi Oil, par Joshua Holland
www.globalpolicy.org/security/oil/2006/1017takeover.htm
Bush’s Petro-Cartel maneuvering over Iraq’s Oi, par Joshua Holland

MAIN BASSE SUR LE PÉTROLE IRAKIEN (à suivre)
KIRKOUK : HOLD-UP À BABA GURGUR par Gilles Munier

BRÈVES
Tarek Aziz (1) - Tarek Aziz est emprisonné depuis 50 mois. Aucune charge n’est retenue contre lui. Aucune date de procès n’a donc été fixée. Cela fait maintenant 5 mois qu’il ne peut pas voir Maître Badie Aref, son avocat, qui est réfugié en Jordanie et sous le coup… d’un mandat d’arrêt. Tarek Aziz est uniquement autorisé à communiquer avec sa famille 30 minutes par mois. Il demande qu’on le juge ou qu’on le libère. (Iraq Resistance Report, 21/6/07)
http://www.albasrah.net/en_articles_2007/0607/iraqiresistancereport_210607.htm

Tarek Aziz (2) - Selon un nouvel avocat, dont le nom est tenu secret pour des raisons de sécurité, on reproche à Tarek Aziz d’avoir participé, dans les années 80 (guerre Iran-Irak) à une réunion du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR) où il aurait été demandé que soit ajoutée une phrase de soutien au Président Saddam Hussein à la fin de chaque sermon, décision condamnée par les chiites pro-iraniens. Il a répondu au « juge d’instruction » qu’étant chrétien, il n’allait pas à la mosquée et que la responsabilité de cette décision incombait à l’ensemble des ministres et non à lui seul. Il lui a également demandé où étaient cachées les armes de destruction massive… Le Vice-Premier ministre irakien s’est étonné qu’on lui pose encore cette question après 50 mois d’incarcération. (Iraq Resistance Report, 4/7/07- http://www.uruknet.de/?s1=1&p=34239&s2=06)

Pétrole - Hussein Shahristani, “ministre” irakien du Pétrole, a accepté la proposition de l’ambassadeur d’Iran à Bagdad de construire un pipeline reliant les champs pétroliers de la région de Bassora à l’Iran. Le traitement préférentiel accordé aux entreprises iraniennes en Irak sera accentué.
http://www.azzaman.com/english/index.asp?fname=news\\2007-05-26\\doha.htm


La mort du « capitaine Karim »
En décembre 1990, un certain « Capitaine Karim » a fait la Une des médias français, grâce à Paul Mari du Nouvel Observateur et à TF1 où Patrick Poivre d’Arvor l’a présenté comme un ancien garde du corps de Saddam Hussein, affirmant qu’il l’avait croisé lorsqu’il avait interviewé le Président irakien !

Ses révélations sur les exactions imputées au régime baasiste étaient « accablantes ». Elles tombaient à pic pour retourner l’opinion publique jugée trop molle, et lui faire accepter l’envoi de troupes françaises au Koweït pour participer la guerre du Golfe de 1991. Ce scoop délirant, mais efficace, avait été monté par les journalistes Charles Villeneuve et Patrick Bourrat et des services secrets occidentaux.

Abdulrazzak Al-Hashemi, alors ambassadeur d’Irak à Paris, démasqua l’individu en direct, l’accusant d’être un agent saoudien. Il s’appelait Muzhir Affat. Il avait été exclu de son université pour fabrication de faux documents. C’était un imposteur, son témoignage dans le Nouvel Obs ne résistait pas aux vérifications les plus élémentaires (*).

Muzhir Affat demeura au service des Saoudiens jusqu’à ce que la CIA le recycle. Début 2000, il demanda - sans succès - aux moukhabarat irakiens de lui pardonner ses traîtrises. En échange – et moyennant finances - il leur proposait d’infiltrer l’opposition. Après la chute de Bagdad, on l’a vu participer – toujours sous le nom de « Capitaine Karim » - à des réunions anti-américaines à Beyrouth comme président d’une obscure association de défense du peuple irakien…

Il a été exécuté il y a trois mois dans la région d’Abou Graïeb par un groupe de résistants, membres de sa tribu, La nouvelle n’a même pas fait l’objet d’un entrefilet dans les journaux qui l’ont instrumentalisé.

(*) La vérité sur le « capitaine Karim », par Gilles Munier (La 5ème Colonne à la Une, février 1991).

Les Marines s’entraîneront bientôt dans le Néguev
« Baladia City », un nouveau centre d’entraînement militaire israélien, situé dans le désert du Néguev, ouvrira bientôt ses portes et sera totalement opérationnel en janvier. Il est destiné à mettre les soldats en condition avant des interventions au Liban, Gaza, en Cisjordanie et en Syrie. Il pourrait également servir aux Marines américains et aux Gi’s en partance pour l’Irak.

Le centre d’une ville arabe - qui ressemble à celui de Bint Jbeil (Sud-Liban) - est reproduit grandeur nature, avec sa mosquée, ses boutiques, un hôpital, un quartier du genre casbah, et même un cimetière. Le centre comprendra sur des kilomètres de rues : 472 édifices, 1200 portes, 2500 fenêtres, un système d’éclairage réglable, un réseau de caméras et de sonorisation simulant entre autres des bruits d’hélicoptères, des explosions d’obus de mortier et des appels à la prière de muezzin… etc…

Quelques centaines de soldats israéliens – hommes et femmes - parlant arabe joueront les civils et les combattants ennemis. D’autres seront journalistes des médias internationaux, représentants de la Croix- Rouge ou membres d’organisations humanitaires. Des ânes, des chiens et des moutons seront aussi ajoutés dans un proche avenir pour faire plus réaliste !

D’après Marine Corps Times (25/6/07) http://www.marinecorpstimes.com/news/2007/06/marine_israel_combattraining_070624/


BRÈVES
10 000 Irakiens tués par mois ? - « Est-ce que les Etats-Unis tuent 10 000 Irakiens par mois? Ou est-ce plus ? ». C’est la terrible question posée par Michael Schwartz, professeur de sociologie à Stony Brook University. Dans un article bien documenté, il remarque que les patrouilles américaines en Irak sont passées de 1000 à 5000 et que, selon une étude du Brooking Institute, elles doivent faire face à environ 3000 attaques par mois. La plupart d’entre-elles, dit-il, ne tuent pas 24 Irakiens par jour, mais l’utilisation de grenades dans les immeubles soupçonnés de camoufler des « insurgés », les milliers de balles tirés sur les snipers, l’emploi de l’artillerie et des bombardements aériens contre la résistance, garantissent un nombre important de victimes.
http://www.alternet.org/waroniraq/56124/?page=1

Recrutement de mercenaires - Sous couvert d’une agence de tourisme, une société américaine de recrutement de mercenaires aurait ouvert ses portes à Kirkouk. Elle proposerait aux chefs de famille qui se présentent de leur obtenir l’asile politique pour raisons humanitaires aux Etats-Unis, à condition que leurs enfants acceptent de suivre un entraînement militaire et d’aller en Afghanistan.

Talabani - Selon Leïla Anwar, du blog An arab woman blues, le salaire mensuel du « président » irakien Jalal Talabani est de 1 million de dollars, auquel il faut ajouter des avantages divers. Il a empoché en 2 ans 24 millions de dollars, écrit-elle, tandis que la majorité des Irakiens n’a même pas un morceau de pain. http://arabwomanblues.blogspot.com/2007/06/endless-beginnings.html

Etat kurde - La Région autonome du Kurdistan veut ouvrir des bureaux de représentation dans 15 pays, notamment l’Allemagne, la France, la Suède, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique, le Danemark.
http://www.turkses.com/index.php?option=com_content&task=view&id=3150&Itemid=36

Coups tordus - Un membre du PKK qui a fait défection au Kurdistan irakien a affirmé, lors d’une conférence de presse donnée à la frontière turque, avoir vu des véhicules blindés US livrer des armes aux responsables du camp où il se trouvait. (L’Orient-Le Jour – 3/7/07)

Kirkouk/Turquie - Cemil Bayik, un des chefs du PKK réfugié dans les monts Qandil au Kurdistan irakien, pense que l’objectif premier du Général Yasar Büyükanit, chef d’Etat major de l’armée turque, n’est pas d’éliminer les 2 000 à 3 000 maquisards kurdes turcs qui s’y trouvent, mais de déstabiliser la Région autonome et d’empêcher la tenue du referendum à Kirkouk (Kurdish rebel leader warns Turkey against Iraq incursion, par Michael Howard - The Guardian, 18/6/0).
http://www.guardian.co.uk/Iraq/Story/0,,2105456,00.html

PKK - Le Général Büyücanit accuse certains pays de l’OTAN de soutenir le PKK. Les pays visés seraient principalement : les Etats-Unis, la Belgique et le Danemark.
http://www.todayszaman.com/tz-web/detaylar.do?load=detay&link=115742

Tortures au Kurdistan irakien - Human Right Watch a publié un rapport de 58 pages sur les atteintes portées aux droits de l’homme en Irak par les autorités kurdes.
http://hrw.org/reports/2007/kurdistan0707/

France-Irak - Une Association des Irakiens et leurs amis en France (AIAF) se propose, notamment, de « démentir et combattre les mensonges euro-américano-sionistes utilisés pour justifier son occupation » et de faire traduire en justice les collaborateurs des forces d’occupation. Elle est présidée par Hassan Al Zaïdi, historien et journaliste d’origine irakienne.
Courriel pour infos complémentaires : aiafrance@yahoo.fr

Des pertes officielles américaines de plus en plus lourdes
Le nombre officiel des pertes américaines en Irak dépasse les 3500 morts. L’Associated Press a effectué un décompte des blessés. Ils seraient entre 35 000 et 53 000 suivant la façon dont le Pentagone triture les chiffres.

Au 2 juin, le nombre des G.I’s blessés au combat était de 25 830, parmi lesquels 7 675 avaient du être envoyé d’urgence hors d’Irak. Plus de 800 soldats avaient perdu un bras, une jambe, des doigts ou des orteils. Plus de 100 sont aveugles. Plusieurs dizaines ont besoin de tubes et de machines pour survivre. Des centaines sont défigurés et des milliers ont des dommages cérébraux et des pertes de mémoire.

A ces chiffres, le Pentagone ajoute 27 103 non-combattants accidentés, ce qui permet - sans doute - de camoufler à l’opinion publique un certain nombre de victimes directes des combats.

Au 31 mars, le nombre de mercenaires (contractors) tués en Irak était de 917. Ces pertes sont décomptées séparément par le Département US du Travail. Seize autres ont été tués depuis. Entre mars 2003 et mars dernier, 10 569 ont été blessés.

http://www.journalnow.com/servlet/Satellite?pagename=WSJ%2FMGArticle%2FWSJ_BasicArticle&c=MGArticle&cid=1173351760178&path=!nationworld&s=1037645509161


BRÈVES
Koweït - Il a fallu 16 ans et une montée en flèche du nombre des Koweitiens victimes du cancer – plus de 1 400 cas par an - pour que les médias de l’émirat révèlent qu’ en 1991, après la première guerre du Golfe, l’armée US s’est débarrassée de ses stocks d’armes contaminées en les enterrant secrètement dans ce pays. http://www.kuwaittimes.net/read_news.php?newsid=NTM1Mjg1NjY4

Mozart, Beethoven… et l’Iran - David Denehy, conseiller au Bureau Moyen-Orient du Département d’Etat américain, est connu par les opposants iraniens comme étant l’homme qui distribue des millions de dollars pour « faire avancer la cause de la démocratie » dans leur pays. Ils l’ont surnommé « M. 75 millions de $ ». Ces deux dernières années, Denehy a rencontré, dans divers pays, des étudiants, des journalistes, des blogueurs et toutes sortes d’activistes iraniens en exil.
Condoleezza Rice a fait passer le budget alloué au départ par le Sénat de 1, 5 million à 75 millions de $ en déclarant que cela servirait aussi à aider les Iraniens qui veulent étudier aux Etats-Unis. Elle avait appris, a-t-elle dit, qu’ « il est interdit de jouer Mozart et Beethoven à Téhéran et qu’elle espérait qu’ils pourront le faire à New York ou Los Angeles ».
New York Times (24/7/07) - http://www.nytimes.com/2007/06/24/magazine/24ngo-t.html?pagewanted=1&ei=5090&en=a0b2dc3bab4878de&ex=1340337600&partner=rssuserland&emc=rss

Guerre impopulaire - Le Pentagone s’inquiète de la baisse « dramatique » du nombre des Noirs américains dans l’armée. Ils étaient 23% en 2000, ils n’étaient plus que 12,4% en 2006.
http://www.concordmonitor.com/apps/pbcs.dll/article?AID=/20070625/REPOSITORY/706250358/1013/NEWS03

Boycott d’Israël – Le syndicat britannique de la fonction publique Unison a adopté le 26 juin en assemblée générale une résolution, votée à 80 % des participants, appelant au boycott économique, culturel, universitaire et sportif de l’Etat hébreu. Il appelle le gouvernement britannique « à cesser le commerce des armes avec Israël » et demande la suspension l'accord d'association Union Européenne/Israël. Unison regroupe 1,4 million de membres (administration, éducation, santé, électricité, gaz, transport, police...). http://www.unison.org.uk/news/news_view.asp?did=3414

Anfal - Wafiq al-Samarraï, conseiller pour la sécurité du « Président » Jalal Talabani, est recherché par la « Haute cour de justice » irakienne… pour sa participation à l’opération Anfal. Il s’est réfugié en Jordanie. Ancien directeur du renseignement militaire sous Saddam Hussein, il avait fait défection en décembre 1994 et dirigeait depuis un parti financé par les Etats-Unis.
http://www.iraqupdates.com/p_articles.php/article/18876

ONU : LE SCANDALE DE LA COCOVINU
Le 29 juin dernier, la Cocovinu (ou Unmovic) a mis un terme à sa mission par un constat : «Aucune arme de destruction massive n’a été trouvée en Irak », ce que tout le monde savait depuis longtemps. Alors comment se fait-il que 4 ans après la chute de Bagdad, une vingtaine d’inspecteurs de l’ONU, installés à Manhattan, cherchait toujours ces fameuses armes ? Trois cents experts, dans 50 pays, étaient à leur disposition. Budget annuel de la Cocovinu: 10 millions de $, au frais des Irakiens, bien sûr.

Dimitri Perricos, chef de la mission, reconnaissait que son maintien était « malsain », mais qu’il se justifiait par le risque de voir des « insurgés », des terroriste ou même un futur gouvernement irakien reconstruire un arsenal d’armes chimiques et biologiques.


Site de l’Association des Oulémas musulmans
http://heyetnet.org/en/component/option,com_frontpage/Itemid,1/

REVUE DE PRESSE


 Haaretz (25/5/07)
Le monde entier est-il antisémite ?
« La croyance que les juifs de la diaspora sont plus loyaux à Israël qu’aux pays où ils vivent est l’attitude négative classique la plus répandue (51%) envers les juifs selon une enquête de l’Anti-Defamation League (http://www.adl.org/PresRele/ASInt_13/5054_13.htm) effectuée dans cinq pays européens. Le deuxième stéréotype en popularité était la croyance que les juifs possédaient un pouvoir excessif dans les marchés financiers internationaux…. » « Il y a évidemment une frontière ténue entre les formulations classique et contemporaine, depuis que l’Etat d’Israël se considère comme appartenant à tous les juifs du monde et accorde la citoyenneté automatiquement à toute personne ayant au moins un grand parent juif….l’accent mis sur cette notion inflammatoire comme lorsque Sharon, alors premier ministre, a, en 2004, appelé les juifs français à « rentrer à la maison » ou encore Silvan Shalom, ministre des affaires étrangères, qui, en visite à Istanbul, en 2003, après l’explosion de deux synagogues déclarait qu’Israël devait protéger les juifs partout…. » « Des doutes concernant l’allégeance des juifs étasuniens sont derrière l’insistance du gouvernement des Etats-Unis à ne pas commuer la peine à perpétuité de Jonathan Pollard, citoyen américain, condamné en 1986 pour espionnage en faveur d’Israël » « ….68% des Espagnols, 54% des Polonais, 42% des Italiens, 28% des Français et 25% des Allemands ont déclaré que c’était « probablement vrai » que les juifs avaient trop de pouvoir au niveau des marchés financiers internationaux. .. Ce mythe du pouvoir économique des juifs se rencontre aussi dans des pays où il n’y a jamais eu de larges communautés juives, comme en Chine ou au Japon où là on parle aussi du pouvoir politique juif ». Mais l’envers de la médaille est que les organisations juives internationales utilisent ces mythes… « Foxman, directeur national de la League… ne considérait pas comme illégitime pour de tels individus et groupes de profiter passivement de l’image gonflée d’un tel pouvoir ».
http://www.haaretz.com/hasen/spages/863013.html

 Al Ahram Weekly (6/6/07)
Fatah al Islam au service des Occidentaux ?
« Il est peu vraisemblable que le groupe Fatah el Islam contrairement aux accusations de la coalition pro-occidentale du 14 mars (au Liban) soit à la solde de la Syrie car Fatah al Islam est lié aux attaques et affrontements qui se sont produits en Syrie et son chef, Shaker al Abssi, a passé quelque temps en prison en Syrie et est toujours recherché par les Syriens. Il est intéressant de noter que le journaliste américain Seymour Hersch a accusé le gouvernement libanais de Fouad al Siniora et son Parti du Futur de soutenir ce groupe indirectement en lui procurant des fonds en provenance d’Arabie Saoudite et des Etats-Unis. Selon lui, l’intention des Américains et des Saoudiens en soutenant ce groupe ou Jund Es Sahm, près de la ville de Sidon, est de mettre sur pied une milice sunnite capable de confronter le Hezbollah. Cependant, au lieu de cela, la stratégie israélo-américaine semble être de plonger le Hezbollah dans le bourbier de la guerre civile où il perdrait son brio en tant que mouvement de résistance populaire pan-Arabe et deviendrait une autre milice confessionnelle. Jusqu’à présent, le Hezbollah, conscient des plans américains, n’est pas tombé dans ce piège…. Toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas, ont déclaré condamner le Fatah al Islam, qu’elles considèrent comme un groupe extérieur au peuple palestinien… . Le gouvernement corrompu et pro-occidental de Siniora veut tirer avantage de cette situation pour rouvrir la question du désarmement de la résistance et obtenir le soutien des Libanais contre les Palestiniens des camps…. » Dyab Abou Jahjah, Al Ahram Weekly 6 juin 2007

Livres et revues
Sortie opportune de « La politique arabe de la France », un essai de Charles Saint-Prot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques (www.etudes-geopolitiques.com)

Vient de paraître : « France : la fin d’une influence », par Olivier Hubac aux Ed. de la Martinière. Dans Ouest-France, l’auteur a déclaré qu’après la chute de Saddam Hussein, la France « n’a pas été à la hauteur de la solution « alternative » dont elle s’était fait le porte-parole. La France a donné l’impression de se contenter d’une victoire oratoire qui n’a pas été suivie d’action concrète ». (Ouest-France -25/6/07)

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Rédaction et traduction : Gilles Munier, Xavière Jardez - Caricature p.1 : Angel Velazco

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ISSN : 1773 – 9780

16/07/2007


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