NOTIZIE 2008

 

L’indépendance du Kosovo et les fissures de l’Europe

Interview de Stefano Vernole

 

par Giovanna Canzano

« Ce n’est pas un mystère qu’une guerre généralisée dans les Balkans serait bien vue à Washington,  parce qu’elle déstabiliserait son rival économique européen et mettrait en crise le projet russe « South Stream », alternatif à l’oléoduc européen « Nabucco ». En outre les relations UE-Russie sont au plancher (boycott des observateurs OCSE aux présidentielles russes) et  étant données les intentions indépendantistes de Transnistrie, Abkhazie et Ossétie du Sud, elles sont destinées à empirer ».

 

CANZANO 1.

Les Etats-Unis, selon une déclaration de Rice, reconnaissent formellement  l’indépendance du Kosovo ; D’Alema a déclaré qu’il s’en référera à la Chambre mercredi (20 février, ça y est c’est fait, NDT), et que l’Italie est prête à reconnaître l’indépendance. Par contre la Présidence UE a déclaré que chaque état était  libre de décider de façon autonome ; quelles sont les conséquences de telles décisions ?

 

VERNOLE. C’est justement la première question qui se pose : en fait la conséquence la plus importante de l’indépendance du Kosovo est vraiment la fissure en acte de l’Europe.

Pour le moment trois états seulement, Espagne, Roumanie et Chypre, ont exclu de pouvoir reconnaître  l’entité kosovar, mais nombreux sont ceux qui attendent  les développements ultérieurs de la situation ; et parmi eux, même des pays très importants comme la Hollande, la Grèce et le Portugal. Il n’est pas exclu, si la semaine prochaine la situation s’accélère, que même des nations comme l’Italie puissent faire un volte-face précipité ; en ce moment les Serbes, partout, descendent dans la rue, de Belgrade la bourgeoise jusqu’en Vojvodine, Bosnie et dans les enclaves du Kosovo.  Pour le moment les incidents ne sont pas de grande importance mais la situation pourrait se précipiter d’un moment à l’autre et l’Europe pourrait alors plonger dans le drame d’un nouveau conflit. Ce n’est pas un hasard si on a signalé des mouvements de blindés serbes près de la vallée de Presevo, d’où pourrait partir une nouvelle flambée des séparatistes albanais et le déchaînement du tant redouté « effet domino » (Kosovska Mitrovica, Serbie méridionale, Bosnie, Macédoine, Ciamuria (…? Ndt), Sandjak de Novi Pazar, Vojvodine). Le projet de la « Grande Albanie », selon un très récent sondage, est partagé à 90% par le peuple albanophone, et le fait que, pendant les fêtes de la proclamation de l’indépendance, tout le monde ait manifesté avec le drapeau traditionnel albanais, et non avec celui de l’Etat du Kosovo à peine né, en dit long  sur leurs intentions.  L’autre drapeau majoritairement déployé par les manifestants a été celui des Etats-Unis, or la zone à côté de Presevo se trouve juste au bord du secteur occupé par les troupes anglaises et américaines, principaux sponsors de l’ex-UCK. Ce n’est pas un mystère qu’une guerre généralisée dans les Balkans serait bien vue à Washington,  parce qu’elle déstabiliserait son rival économique européen et mettrait en crise le projet alternatif à l’oléoduc « Nabucco », celui, russe, du « South Stream ». En outre les relations UE-Russie sont au plancher (boycott des observateurs OCSE aux élections présidentielles russes) et étant données les intentions indépendantistes en Transnistrie, Abkhazie et Ossétie du Sud, il est probable qu’elles aillent en empirant. L’objectif étasunien est destiné à favoriser une sorte de partition des zones d’influence, en permettant au Kosovo, à la Moldavie et à la Georgie (peut-être même à l’Ukraine avec la division préalable du pays) d’entrer à l’OTAN, tandis que la Serbie et les régions séparatistes du Caucase et de l’Europe orientale (Transnistrie) rejoindraient l’orbite militaire russe. Le projet atlantiste exacerberait ultérieurement les rapports Moscou-Bruxelles, au grand avantage de Washington ; et c’est pour cette raison que le Kremlin n’a pas encore concédé la reconnaissance diplomatique à ces régions ; cependant il faut souligner comment l’Union Européenne, ces dernières années, a suivi servilement la stratégie de l’OTAN (où les Etats-Unis comptent pour 90% et l’ensemble des pays européens  pour 10 %...). Donc je ne vois pas, de façon réaliste, ce qu’il pourrait arriver d’autre.

 

CANZANO 2. Avec l’indépendance du Kosovo le droit international ne sera-t-il pas violé et en particulier la Résolution 1244 des Nations Unies ?

 

VERNOLE . Bien sûr. La Résolution  1244 des Nations Unies garantissait la souveraineté serbe sur le Kosovo et Metohija, au point que jusqu’aujourd’hui, le gouvernement de Belgrade a continué à payer la dette extérieure de la Province. Dans tous les cas, ces dernières années, la Résolution avait déjà été violée, évidemment toujours aux dépens de la Serbie. Par exemple, on avait empêché qu’un contingent limité de  troupes serbes puisse entrer au Kosovo pour protéger sa propre minorité, même après les nombreuses violences que celle-ci avait subies. Le droit international a subi une violation irréparable justement à partir de l’agression militaire de l’OTAN contre la Fédération yougoslave en 1999, quand on fit peu de cas aussi  bien de l’Onu que du statut même de l’Alliance Atlantique. Aujourd’hui la situation est encore plus compromise, au point que l’Union européenne n’a même pas eu le courage d’adopter une proposition commune sur la reconnaissance du Kosovo et, de façon ridicule, a laissé la liberté de choix à chaque état membre. Qu’elle puisse maintenant revendiquer une « politique commune » dans les Balkan et lancer une mission très délicate au Kosovo reste un mystère. Si ce n’est que même cette mission appelée « Eulex » et dirigée par le hollandais Pieter Feith, est lancée sans l’aval du droit international, puisque, concrètement, elle passe outre la Résolution 1244. Les conséquences en sont un frein au processus d’adhésion de la Serbie à l’Union Européenne, et un affaiblissement ultérieur de la légitimité de l’ONU, où, en plus de la Russie, de grands états comme la Chine, l’Indonésie et l’Afrique du sud sont opposés  à l’indépendance du Kosovo.

 

CANZANO 3. Cette déclaration donnera-t-elle vraiment son indépendance au Kosovo ou y a-t-il  derrière un dessein déjà établi par d’autres nations qui transformera la province serbe en Etat fantoche ?

 

VERNOLE. Les déclarations à ce propos du chef du gouvernement serbe, Vojislav Kostunica, sont extrêmement significatives : il a défini cette « indépendance » comme la création d’un « Etat fantoche, administré par l’OTAN en fonction des intérêts militaires des Etats-Unis ». Ces mots sont très importants, parce qu’au lieu de s’en référer à l’habituelle rhétorique  historique et culturelle du nationalisme serbe, Kostunica indique les réels intérêts géostratégiques qui sont à la base de l’ « indépendance du Kosovo ». Les spécialistes de l’ésotérisme et des mouvements traditionalistes pourraient certes discerner dans ce qui est en train de se passer un signe de cette « inversion des valeurs » si magistralement annoncée  par Nietzsche : dans la « Terre sacrée » des 1.200 monastères chrétiens orthodoxes, symboles toujours vifs de la spiritualité  médiévale européenne, on confie le pouvoir  formel au chef reconnu  d’une bande de narcotrafiquants, soutenue par la synarchie mondialiste. Il reste cependant nécessaire de se concentrer sur  les aspects  géopolitiques de la crise : surveillance des parcours des oléoducs pétroliers, déstabilisation de l’Europe, importance géographique du Kosovo et Metohija en tant que nœud de communication stratégique  vers la Méditerranée, le Caucase et la Mer Noire, centralité de la région pour le commerce de l’héroïne provenant  d’Afghanistan, nouveau paradis fiscal pour le blanchiment de l’argent « sale ».

 

Canzano 4. L’indépendance » du Kosovo risque-t-elle de recréer un « choc des civilisations » artificiel, en opposant les serbes chrétiens-orthodoxes aux musulmans albanais ?

 

VERNOLE. Le risque, objectivement, existe, parce qu’au delà  du fait que le nationalisme albanais se caractérise plus par son aspect tribal  que religieux (voir expulsion des Gorans, des slaves musulmans et des Roms, par l’UCK), les poussées extérieures dans ce sens sont multiples. Les financements provenant d’Arabie Saoudite pour la construction de nouvelles mosquées au Kosovo et Metohija pourraient rapidement s’ajouter à celles venant  de Bosnie, et qui trouvent dans le Sandjak serbe un débouché naturel.  Le fait que la Turquie ait reconnu  l’indépendance de Pristina immédiatement après les Etats-Unis, et pratiquement en même temps que l’Albanie, laisse supposer que les stratèges  du « choc des civilisations »  veuillent  reproposer ce scénario au Kosovo aussi, en divisant ensuite les diverses factions.  Washington qui, par le passé, avait déjà fait entrevoir le projet de la « dorsale islamique », pourrait maintenant  dépoussiérer cette carte pour masquer son rôle fondamental. La partie de l’Eglise serbo-orthodoxe, qui, par le mythe des infiltrations alquaédistes et « ben ladéniennes »  au Kosovo, avait cru pouvoir  s’attirer les sympathies  de l’Occident, doit assumer aujourd’hui sa lourde responsabilité, et désigner les véritables coupables de la rapine actuelle. Dans ce scénario, on espère que, et le Parti du Premier ministre Kostunica, et celui du Radical Nikolic, continueront dans leur optique, qui s’oppose à l’affrontement religieux. Cependant, il est nécessaire que l’autre partie aussi, les musulmans  de bonne foi commencent  à prendre acte de la manipulation subie pendant la guerre yougoslave et se retournent contre l’ennemi commun des peuples européens. Pour être clair, ceux qui continuent à déployer des drapeaux  américains,  devraient réaliser qu’en 1999 les bombardements étasuniens sur le Kosovo et Metohija furent beaucoup plus intenses sur la zone peuplée par les Albanais. Une des premiers effets de l’uranium appauvri est en fait la stérilité et l’objectif de l’OTAN était de freiner la forte prolificité de l’ethnie albanaise, dans le but de mieux contrôler le Kosovo… Vous parlez d’une indépendance !

 

CANZANO 5.  Quelle est la motivation des Etats-Unis dans leur objectif d’une expansion de l’OTAN à l’Est ?

 

VERNOLE . Le protectorat sur le Kosovo, le nouveau rôle de l’OTAN comme instrument de police du Nouvel Ordre Mondial, et le déploiement du bouclier anti-missiles en Europe Orientale, sont tous des outils  du projet  stratégique étasunien : empêcher  la ré-émergence d’un rival fort dans la région eurasiatique. Le Kosovo représente une base arrière logistique importante pour les actions nord-américaines au Moyen-Orient et ce n’est pas un hasard  si les Etats-Unis ont  construit à côté de Urosevac leur plus grande base militaire européenne, Camp Bondsteel.  L’humiliation de la Serbie constitue naturellement un avertissement à la Russie et à sa politique  multipolaire d’amitié avec la Chine et l’Inde. L’élargissement de  l’OTAN toujours plus à l’Est sert à la fois à faire obstacle à la commercialisation du pétrole russe en Europe et à interposer un obstacle insurmontable aux rapports de bon voisinage entre Moscou et Bruxelles. Ce n’est pas un hasard si les Etats-Unis se sont toujours déclarés indisponibles pour faire  entrer Moscou dans l’Alliance Atlantique : l’entrée de la Russie  ferait voler en éclats leur hégémonie dans l’OTAN et  en bouleverserait les objectifs.


Le projet de bouclier anti-missiles a été conçu sans même consulter Moscou au sein du Conseil OTAN-Russie, les dépenses militaires des Etats-Unis continuent avec des affectations de crédits sans aucune comparaison en aucun autre pays. Dans ce sens,  ils sont certainement décidés à continuer la politique d’expansion atlantique, à condition d’en maintenir le contrôle.

 

CANAZANO 6. Un statut spécial peut-il garantir à la province serbe une forte autonomie et l’intégration à l’Europe ?

 

VERNOLE.  Bien sûr, recevoir les propositions de Belgrade visant à conférer le maximum d’autonomie à la province du Kosovo et Metohija aurait pu résoudre la question, qui maintenant risque au contraire d’ouvrir la « boîte de Pandore ». Evidemment on n’a pas le moins du monde essayé d’aller dans cette direction, parce que tous les protagonistes principaux de cette affaire ont joué  vers une précipitation de la crise. Avec un statut spécial, le Kosovo et Metohija aurait pu aller avec la Serbie vers l’intégration européenne, alors qu’à présent tous les deux risquent une chute dans l’abîme. Si Belgrade joue la carte des sanctions énergétiques, l'économie kosovar ira vers une récession terrible, alors que le chômage fleure les 80%. Les mines de  Trepca, qui sont dans  la zone serbe,  sont fermées depuis des années, la seule source de devises est celle qui provient des trafics de la criminalité organisée et des aides de la « Communauté internationale » : celle-ci, après 8 années d’administration, s’est cependant caractérisée beaucoup plus par ses scandales et ses vols que par ses capacités de relance de l’économie. Les privatisations ont créé une rivalité acharnée entre les divers groupes multinationaux, qui s’appuient sur des clans mafieux locaux pour le contrôle des ressources. Il ne restera au peuple  que les miettes et un fort ressentiment qui sera exploité par des boss mafieux dans le sens du nationalisme. La partition effective  du Kosovo et Metohija, qu’on aurait pu réaliser de façon pacifique, apportera au contraire de nouvelles tensions, comme c’est arrivé dans les années 90. Mais cette Europe, sourde et aveugle, ne veut ni  entendre ni voir, et elle va payer cher sa propre arrogance.

 

Stefano Vernole est journaliste, rédacteur à « Eurasia », Revue d’études géopolitiques, co-auteur de « La Lotta per il Kosovo », Editions del Veltro, Parme 2007

 

Giovanna Canzano

intervista

STEFANO VERNOLE

19.02.2008

 

L’INDIPENDENZA DEL KOSOVO E LA SPACCATURA

DELL’EUROPA

 

…“Non è un mistero che una guerra generalizzata nei
Balcani sarebbe gradita a Washington, perchè
destabilizzerebbe il rivale economico europeo e
metterebbe in crisi il progetto alternativo
all'oleodotto "Nabucco", quello russo del "South
Stream". Inoltre, le relazioni UE-Russia stanno
scendendo al minimo (boicottaggio osservatori OCSE
alle presidenziali russe) e viste le intenzioni
indipendentiste di Transnistria, Abkhazia ed Ossezia
del Sud, sono destinate a peggiorare”… (Stefano Vergole)

 

CANZANO 1- Gli Stati Uniti, secondo una dichiarazione

della Rice, riconoscono formalmente l'indipendenza

del Kosovo, D'Alema ha dichiarato che riferirà alla

camera mercoledì, e che l'Italia è pronta a riconoscere

 l'indipendenza, invece la Presidenza UE ha dichiarato

che ogni stato è libero di decidere autonomamente,

quali sono invece le conseguenze di tali decisioni?

 

VERNOLE - Questa è giustamente la prima domanda,

infatti la conseguenza più importante dell'indipendenza

del Kosovo è proprio la spaccatura dell'Europa.
Per ora sono soltanto tre, Spagna, Romania e Cipro,
gli Stati che hanno escluso di poter riconoscere
l'entità kosovara, ma sono numerosi quelli che stanno
attendendo gli sviluppi della situazione e tra di essi
anche paesi molto importanti come l'Olanda, la Grecia
e il Portogallo.
Non escludo che se la prossima settimana la situazione
dovesse precipitare, pure nazioni come l'Italia
potrebbero fare un precipitoso dietro-front; in questo
momento i Serbi stanno scendendo in piazza ovunque,
dalla borghese Belgrado fino alla Vojvodina, dalla
Bosnia alle enclavi del Kosovo.
Per ora gli incidenti sono di poco rilievo ma la
situazione potrebbe precipitare da un momento
all'altro e allora l'Europa potrebbe sprofondare nel
dramma di un nuovo conflitto.
Non a caso, sono stati segnalati forti movimenti di
mezzi corazzati serbi vicino alla valle di Presevo, da
dove potrebbe partire un'ulteriore fiammata dei
separatisti albanesi e lo scatenamento del tanto
temuto "effetto domino" (Kosovska Mitrovica, Serbia
meridionale, Bosnia, Macedonia, Ciamuria, Sangiaccato,
Vojvodina).
Il progetto della "Grande Albania", secondo un
recentissimo sondaggio, è condiviso dal 90% del popolo
schipetaro e il fatto che durante le feste per la
proclamazione dell'indipendenza tutti abbiano
manifestato con la tradizionale bandiera albanese e
non con quella del neonato Stato del Kosovo, la dice
lunga sulle loro intenzioni. L'altra bandiera
maggiormente sventolata dai manifestanti è stata
quella degli Stati Uniti e l'area vicino a Presevo si
trova proprio di fianco al settore occupato dalle
truppe inglesi e americane, principali sponsor dell'ex
UCK. Non è un mistero che una guerra generalizzata nei
Balcani sarebbe gradita a Washington, perchè
destabilizzerebbe il rivale economico europeo e
metterebbe in crisi il progetto alternativo
all'oleodotto "Nabucco", quello russo del "South
Stream". Inoltre, le relazioni UE-Russia stanno
scendendo al minimo (boicottaggio osservatori OCSE
alle presidenziali russe) e viste le intenzioni
indipendentiste di Transnistria, Abkhazia ed Ossezia
del Sud, sono destinate a peggiorare. Il disegno
statunitense è volto a favorire una sorta di
spartizione delle zone d'influenza, consentendo al
Kosovo, alla Moldavia e alla Georgia (e possibilmente
anche all'Ucraina previa divisione del Paese) di
entrare nella NATO, mentre la Serbia e le regioni
separatiste del Caucaso e dell'Europa Orientale
(Transnistria) finirebbero nell'orbita militare russa.
Il progetto atlantista inasprirebbe ulteriormente i
rapporti Mosca-Bruxelles, a tutto vantaggio di
Washington e per questo motivo ancora il Cremlino non
ha concesso il riconoscimento diplomatico a queste
regioni, tuttavia bisogna sottolineare come l'Unione
Europea abbia pedissequamente seguito negli ultimi
anni la strategia della NATO (dove gli Stati Uniti
contano per il 90% e tutti i Paesi europei messi
insieme il 10% ...), perciò non vedo realisticamente
cos'altro potrebbe succedere.

 

CANZANO 2- Con l'indipendenza del Kosovo non verrà

violato il diritto internazione e in particolare la

Risoluzione 1244 delle Nazioni Unite?

VERNOLE - Sicuramente. La Risoluzione 1244 delle Nazioni
Unite garantiva la sovranità serba sul Kosovo e
Metohija, al punto che fino ad oggi il governo di
Belgrado ha continuato a pagare il debito estero della
Provincia. In ogni caso, in questi anni tale
Risoluzione era già stata violata, ovviamente sempre a
danno della Serbia; ad esempio era stato impedito che
un limitato contingente di truppe serbe potesse
rientrare in Kosovo per proteggere la propria
minoranza, anche dopo le numerose violenze alle quali
essa era stata sottoposta. Il diritto internazionale
ha subito una violazione irreparabile proprio a
partire dall'aggressione militare della NAT0 alla
Federazione Jugoslava nel 1999, quando ci si prese
gioco sia dell'ONU che dello stesso statuto
dell'Alleanza Atlantica. Oggi la situazione è ancora
più compromessa, al punto che l'Unione Europea non ha
avuto nemmeno il coraggio di adottare una posizione
comune sul riconoscimento del Kosovo e ha lasciato, in
maniera ridicola, libertà di scelta ad ogni singolo
Stato membro. Come possa adesso rivendicare una
"politica comune" nei Balcani e lanciare una missione
delicatissima in Kosovo appare un mistero. Senonchè,
anche questa missione denominata "Eulex" e capitanata
dall'olandese Pieter Feith, nasce senza l'avallo del
diritto internazionale, perchè scavalca concretamente
la Risoluzione 1244. Le conseguenze sono un freno del
processo di adesione della Serbia all'Unione Europea e
un ulteriore indebolimento della legittimità dell'ONU,
dove oltre alla Russia, grandi Stati come Cina,
Indonesia e Sudafrica sono contrari all'indipendenza
del Kosovo.

 

CANZANO 3- Questa dichiarazione darà veramente

l'indipendenza al Kosovo o, dietro c'è un disegno

già stabilito da altre nazioni che trasformerà la

provincia serba in uno Stato fantoccio?


VERNOLE - Sono estremamente sigificative al proposito le
dichiarazioni del capo del governo serbo, Vojislav
Kostunica, che ha definito questa "indipendenza" la
creazione di uno "Stato fantoccio, amministrato dalla
NATO e funzionale agli interessi militari degli Stati
Uniti". Queste parole sono molto importanti, perchè
invece di rifarsi alla solita retorica
storico-culturale del nazionalismo serbo, Kostunica
individua i reali interessi geostrategici che stanno
alla base dell' "indipendenza del Kosovo". Sicuramente
gli studiosi dell'esoterismo e dei movimenti
tradizionalisti potrebbero ravvisare in quanto sta
succedendo un segno di quell' "inversione dei valori"
tanto magistralmente preannunciata da Nietzsche: nella
"Terra sacra" dei 1.200 Monasteri cristiano ortodossi,
simboli ancori vivi della spiritualità
medioevale-europea, viene affidato il potere formale
al riconosciuto capo di una banda di narcotrafficanti,
sostenuto dalla sinarchia mondialista. Rimane comunque
necessario concentrarsi sugli aspetti geopolitici
della crisi: sorveglianza dei percorsi degli oleodotti
petroliferi, destabilizzazione dell'Europa, importanza
geografica del Kosovo e Metohija quale snodo delle vie
di comunicazione strategiche verso il Mediterraneo, il
Caucaso e il Mar Nero, centralità della regione per lo
smercio dell'eroina proveniente dall'Afghanistan,
nuovo paradiso fiscale per il riciclaggio del denaro
"sporco".

 

CANZANO 4- L'"indipendenza" del Kosovo rischia di ricreare

 un artificiale "scontro di civiltà", contrapponendo

cristiano-ortodossi serbi e musulmani albanesi?

 

VERNOLE - Il rischio oggettivamente c'è, perchè aldilà del
fatto che il nazionalismo albanese si caratterizzi più
per l'aspetto tribale che religioso (vedi espulsione
dei Gorani, gli slavi musulmani e dei Rom, ad opera
dell'UCK), le spinte esterne in questo senso sono
molteplici. I finanziamenti provenienti dall'Arabia
Saudita alla costruzione di nuove moschee in Kosovo e
Metohija, potrebbero presto congiungersi alle spinte
dei gruppi wahabiti provenienti dalla Bosnia e che
trovano nel Sangiaccato serbo uno sbocco naturale. Il
fatto che la Turchia abbia riconosciuto l'
indipendenza di Pristina subito dopo gli Stati Uniti e
praticamente insieme all'Albania, lascia presupporre
che gli strateghi dello "scontro di civiltà" vogliano
riproporre questo scenario anche in Kosovo, dividendo
ulteriormente le varie fazioni. Washington, che in
passato aveva già fatto balenare il progetto della
"dorsale islamica", potrebbe ora rispolverare questa
carta per mascherare il suo ruolo fondamentale. Quella
parte della Chiesa Serbo-Ortodossa, che con il mito
delle infiltrazioni "qaediste" e "bin-ladeniane" in
Kosovo aveva creduto di potersi attirare le simpatie
dell'Occidente, deve assumersi una pesante
responsabilità' e additare i reali colpevoli dello
scippo avvenuto. In questo scenario, si spera che sia
il Partito del premier Kostunica che quello del
Radicale Nikolic, continuino nella loro visione, che
si opppone allo scontro religioso. Tuttavia, è
necessario che anche dall'altra parte, i Musulmani in
buona fede inizino a prendere atto della manipolazione
subita durante le guerre jugoslave e si rivolgano
verso il comune nemico dei popoli europei. Tanto per
essere chiari, coloro che continuano a sventolare
bandiere americane, dovrebbero rendersi conto che nel
1999 i bombardamenti statunitensi sul Kosovo e
Metohija furono molto più intensi sulla zona popolata
da Albanesi. Uno dei primi effetti dell'uranio
impoverito è infatti la sterilità e obiettivo della
NATO era frenare la forte prolificità dell'etnia
albanese, allo scopo di controllare meglio il Kosovo
... Altro che indipendenza!


CANZANO 5- Quanto sono motivati gli Stati Uniti in questo

disegno per poter espandere la NATO ad Est?

 

VERNOLE - Il protettorato sul Kosovo, il nuovo ruolo della
NATO quale strumento di polizia del Nuovo Ordine
Mondiale e il dispiegamento dello scudo antimissile in
Europa Orientale, sono tutti funzionali al disegno
strategico statunitense: impedire il riemergere di un
forte rivale nella regione eurasiatica. Il Kosovo
rappresenta un importante retrovia logistico per le
azioni nordamericane in Medio Oriente e non a caso
vicino ad Urosevac gli Stati Uniti hanno costruito con
Camp Bondstell la loro più grande base militare
europea. L'umiliazione della Serbia costituisce
naturalmente un avvertimento alla Russia e alla sua
politica multipolare di amicizia con Cina ed India.
L'allargamento della NATO sempre più verso Est serve
sia ad ostacolare la commercializzazione del petrolio
russo in Europa che a frapporre un ostacolo
insormontabile ai rapporti di buon vicinato tra Mosca
e Bruxelles. Non è un caso che gli Stati Uniti si
siano sempre dichiarati indisponibili a far entrare
Mosca nell'Alleanza Atlantica, un ingresso della
Russia manderebbe in frantumi la loro egemonia nella
NATO e ne stravolgerebbe i fini. Il progetto dello
scudo antimissile è stato concepito senza neanche
consultare Mosca in seno al Consiglio congiunto
NATO-Russia, le spese militari degli Stati Uniti
continuano con stanziamenti di bilancio senza paragone
in nessun' altra nazione. In questo senso, essi sono
certamente motivati a continuare la politica di
espansione atlantica, a patto di mantenerne il
controllo.

 

CANZANO 6- Può uno statuto speciale garantire alla

provincia serba una forte autonomia e l'integrazione

in Europa?

 

VERNOLE - Sicuramente accogliere le proposte di Belgrado
volte a conferire il massimo di autonomia alla
provincia del Kosovo e Metohija avrebbe potuto
risolvere la questione, che ora al contrario rischia
di scoperchiare "il vaso di Pandora". Ovviamente non
si è cercato minimamente di andare in questa
direzione, perchè tutti i principali protagonisti di
questa vicenda hanno giocato verso il precipitare
della crisi. Con uno statuto speciale, il Kosovo e
Metohija sarebbe potuto andare insieme alla Serbia
verso l'integrazione europea, mentre adesso entrambi
rischiano una caduta verso l'abisso. Se Belgrado
giocherà la carta delle sanzioni energetiche,
l'economia kosovara andrà incontro ad una recessione
terribile, mentre già la disoccupazione sfiora l'80%.
Le miniere di Trepca, che si trovano nella zona serba,
sono ferme da anni, la sola fonte d'introito è quella
derivante dai traffici della criminalità organizzata e
dagli aiuti della "Comunità internazionale", che però
dopo 8 anni di amministrazione si è caratterizzata
molto di più per i suoi scandali e le sue ruberie che
per le sue capacità di rilancio dell'economia. Le
privatizzazioni hanno dato vita ad una gara accanita
tra i vari gruppi multinazionali, che si appoggiano
sui clan mafiosi locali per il controllo delle
risorse. Al popolo non rimarranno che le briciole e un
forte risentimento che cercherà di essere sfruttato
dai boss in senso nazionalista. La spartizione
effettiva del Kosovo e Metohija, che si sarebbe potuta
realizzare in maniera pacifica, porterà invece a nuove
tensioni, come successo negli anni Novanta. Ma
quest'Europa, sorda e cieca, non vuole né sentire né
vedere e giustamente pagherà cara la propria
supponenza.

 

BIBLIOGRAFIA

 

Stefano Vernole, giornalista pubblicista, redattore di
"Eurasia" Rivista di studi geopolitici, coautore di
"La lotta per il Kosovo", Edizioni all'Insegna del
Veltro, Parma, 2007. Laureato in Storia contemporanea
con una tesi sulla questione palestinese, sta per
conseguire una seconda Laurea in "Analisi dei
conflitti, delle ideologie e della politica nel mondo
contemporaneo" con una tesi sul Kosovo e Metohija.

 

 

23/02/2008


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